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Le Grand Bleu

Triple médaillé aux Jeux de Pékin 2008, sportif préféré des Français d’après un sondage de l’agence Sportlab la même année, Alain Bernard a tout du parfait champion. Pourtant, « le grand requin blond » reste un modèle de simplicité et d’authenticité.

Aussi timide que déterminé

On a tous en tête l’image d’un titan qui exulte de joie après sa victoire finale sur 100 mètres, lors des Jeux olympiques de Pékin. Celle d’un guerrier que rien ni personne ne peut arrêter, pas même Eamon Sullivan, son dauphin de l’époque, et aussi le détenteur des records du monde des 100 m et 50 m. Pourtant, le nageur natif d’Aubagne est aussi timide et généreux dans la vie que déterminé dans le bassin. Pas question de se laisser griser par la notoriété. Alain Bernard n’est pas de cette fibre de « stars intouchables ». Preuve en est donnée au début du mois de juin 2009. Orphelin d’un point de chute avant l’Open de Paris, Sullivan a été gracieusement invité par le champion tricolore à venir s’entraîner dans son antre d’Antibes. C’est aussi ça la touche Bernard. «Même si c’est bref, m’entraîner avec Eamon m’intéresse carrément », s’est réjouit le champion olympique dans les colonnes de L’Equipe. Avec lui, l’intox et les petites guéguerres entre compétiteurs de haut niveau n’ont pas lieu d’être. 

Alain le frêle est devenu Bernard le colosse

L’ancien recordman du monde cache une réserve naturelle derrière un physique de déménageur. Chez lui, la modestie est une qualité innée, certainement dû à une adolescence introvertie. Le jeune Alain traine une réputation de garçon frêle, loin de son impressionnante musculature de médaillé olympique. Devant le bassin, il rechigne à la tâche, rêvant de voler dans les cages d’une équipe de football. Sa mère veut qu’il apprenne à nager comme ses sœurs. « J’ai essayé… Je ne me suis pas dit que je voulais être le meilleur. C’est venu comme ça. Quand j’étais petit, j’étais nul », affirmait-il dans un entretien donné au Parisien. 

A 16 ans, le garçon décide de rejoindre Marseille où il intègre des structures plus adaptées au haut niveau. C’est ici qu’il rencontre Denis Auguin, l’entraîneur avec qui il atteint les sommets. Pour ce dernier, Alain Bernard a tout de l’adolescent simple, presque banal : « C’est un gentil garçon, bien élevé. Il a son appartement, ses copains, sa guitare, sa vie », révèle-t-il au Figaro. Pour l’intéressé, l’humour est de mise depuis sa victoire en Chine. « Je fais deux fois la queue à La Poste. En entrant, comme tout le monde. Puis en sortant, pour des autographes ou des photos. J'ai peut-être changé de statut mais je suis resté le même... », ironise-t-il dans le JDD. 

Comme un enfant à pékin

Le requin blond n’est pas marteau et fait preuve d’une lucidité assez rare chez les sportifs. La reconversion, il la gère comme un pro : « Le métier de gendarme offre une palette de possibilités très large. Et, moi, j’ai envie d’être sur le terrain. Mon idéal serait d’être pilote d’hélicoptère ». Profiter : tel pourrait être son leitmotiv. A Pékin, le colosse apprécie la fête donnée en l’honneur de l’olympisme. « J’en ai pris plein les yeux, plein la tête. J’étais dans l’euphorie. Quand la flamme s’éteint… il n’y a pas de mot pour décrire cet instant », avouait-il dans le quotidien parisien.